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Vous savez maintenant reconnaître les grandes familles de fraude bancaire, réagir au bon moment et faire valoir vos droits. Votre fiche réflexe « urgence fraude » est débloquée ci-dessous : imprimez-la et gardez-la près de vous.
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Les 3 leviers psychologiques
Les fraudeurs ne « piratent » presque jamais votre banque. Ils vous manipulent pour que vous fassiez vous-même le virement, donniez le code ou validiez l'opération. Comprendre leur mode de pensée, c'est déjà les désarmer.
Toutes les arnaques, sans exception, reposent sur au moins un de ces trois leviers :
L'anatomie d'une arnaque
Où les escrocs trouvent vos informations
- Les fuites de données : votre e-mail et votre téléphone circulent après le piratage de sites où vous étiez inscrit. Vérifiez votre exposition sur haveibeenpwned.com.
- Les réseaux sociaux : banque « likée », ville, vacances annoncées, prénom des enfants — autant de détails qui personnalisent l'arnaque.
- Les faux formulaires : un précédent phishing leur a peut-être déjà donné une partie des informations qu'ils réutilisent aujourd'hui.
Le déroulé, toujours le même
- La prise de contact — SMS, e-mail ou appel qui crée l'alerte (« paiement suspect »).
- La mise en confiance — l'escroc récite vos informations pour paraître légitime.
- La montée de pression — « il faut agir maintenant, sinon… ».
- Le passage à l'acte — on vous fait valider une opération, donner un code, ou faire un « virement de sécurité ».
- La disparition — une fois l'argent parti, le contact se coupe.
✏️ À vous de jouer : quel levier ?
Pour chaque phrase entendue au téléphone ou lue dans un message, identifiez le levier utilisé.
« Votre compte sera bloqué dans 30 minutes si vous ne faites rien. »
« Lieutenant Moreau, brigade financière. Nous enquêtons sur votre conseiller. »
« Je vois que vous avez payé 34,90 € chez Amazon hier, c'est bien ça ? »
Vrai ou faux : « Les fraudeurs commencent par pirater votre ordinateur. »
Le scénario type de l'appel
C'est aujourd'hui l'escroquerie la plus coûteuse pour les particuliers. Elle est redoutable parce qu'elle a l'air parfaitement légitime : le bon numéro s'affiche, l'interlocuteur est calme, professionnel, et connaît vos informations.
Appel entrant…
MA BANQUE
05 53 XX XX XX
⚠️ Même si le vrai nom ou numéro de votre banque s'affiche, cela ne prouve rien : l'affichage peut être falsifié. C'est le « spoofing ».
L'appel commence presque toujours ainsi : « Bonjour, service sécurité de votre banque. Nous avons détecté des opérations suspectes sur votre compte : un paiement de 890 € à l'étranger. Ce n'est pas vous ? Ne quittez pas, je bloque tout ça immédiatement… »
À partir de là, tout ce qu'on vous demande de « valider », « confirmer » ou « annuler » autorise en réalité l'escroc : ajout d'un bénéficiaire, virement, enregistrement d'un nouvel appareil, augmentation de plafond.
Ce qu'un vrai conseiller ne demandera JAMAIS
- De lui communiquer un code reçu par SMS (3-D Secure) ou par notification.
- De valider une opération « pour l'annuler » ou « pour tester ».
- Votre code secret de carte, vos identifiants ou votre mot de passe.
- D'ajouter un bénéficiaire ou de faire un « virement de sécurité » vers un compte « tampon » ou « coffre-fort ».
- D'installer une application à distance (AnyDesk, TeamViewer…) pour « vous aider ».
Cas réel
Sylvie, 62 ans, reçoit un appel affichant le numéro de son agence. Le « conseiller » évoque un achat suspect de 750 €. Paniquée, elle valide trois notifications « pour bloquer sa carte ». Elle a en réalité ajouté un bénéficiaire et validé deux virements. Le seul geste qui l'aurait sauvée : raccrocher et rappeler elle-même le numéro au dos de sa carte. L'escroc, lui, insiste toujours pour rester en ligne.
✏️ Simulation : le faux conseiller vous appelle
Mettez-vous en situation. À chaque moment de l'appel, choisissez votre réaction.
📞 « Nous avons détecté un paiement suspect de 890 €. Je vous envoie une notification : validez-la pour annuler l'opération. »
📞 « Vos fonds sont en danger. Par sécurité, transférez-les sur un compte tampon à votre nom, je vous donne l'IBAN. »
📞 « Surtout, ne raccrochez pas : je dois rester en ligne avec vous pendant la procédure. »
Les campagnes qui tournent en boucle
Le phishing (hameçonnage) est la porte d'entrée de la plupart des fraudes. L'objectif est toujours le même : vous faire cliquer sur un lien qui imite un site officiel pour récupérer vos identifiants ou vos données de carte.
- Faux colis : « votre colis est en attente, réglez 1,99 € de frais » (Chronopost, Colissimo, DHL).
- Fausses amendes / télépéage : « amende majorée à régler », « badge bloqué » (ANTAI, Ulys, Fulli).
- Impôts, Ameli, CAF : « remboursement en attente, complétez vos coordonnées bancaires ».
- CPF : « vos droits vont expirer, activez-les ».
Le point commun : une petite somme à payer ou des « coordonnées à mettre à jour ». Le montant est faible pour ne pas éveiller les soupçons — le vrai but, c'est votre numéro de carte.
Analyser un lien avant de cliquer
- Sur mobile : appuyez longuement sur le lien (sans relâcher) pour afficher sa vraie destination.
- Sur ordinateur : survolez le lien sans cliquer ; l'adresse apparaît en bas de l'écran.
- Lisez le vrai domaine : ce qui compte est le mot juste avant le premier « / ». Dans impots.gouv.fr.paiement-secure.info/…, le vrai site est paiement-secure.info. Les vrais services publics se terminent par .gouv.fr.
Le « quishing » et les bons réflexes de signalement
Les QR codes frauduleux
Nouvelle tendance : un QR code qui renvoie vers un faux site. On les trouve sur de fausses amendes de stationnement glissées sous l'essuie-glace, sur des bornes de recharge, des terrasses de restaurant ou dans des e-mails. Scanner un QR code revient à cliquer sur un lien : vérifiez l'adresse affichée avant de valider, et ne saisissez jamais de données bancaires sur une page atteinte via un QR code non sollicité.
Signaler, c'est protéger les autres
- Transférez les SMS frauduleux au 33700 (dispositif officiel, gratuit).
- Signalez les e-mails sur signal-spam.fr et les sites frauduleux sur phishing-initiative.fr.
- En cas de doute, l'aide officielle est sur cybermalveillance.gouv.fr.
✏️ Chasse aux pièges : démasquez ce SMS
Ce SMS d'arnaque (reconstitué) contient 4 indices qui le trahissent. Cliquez sur les éléments soulignés qui vous semblent suspects.
Indices trouvés : 0 / 4
De :
Payer en ligne sans exposer sa vraie carte
- La carte virtuelle (e-carte bleue) : proposée par la plupart des banques, elle génère un numéro à usage unique ou plafonné. Même volé, ce numéro ne sert à rien ailleurs. Idéal pour les sites que vous ne connaissez pas.
- Les portefeuilles mobiles (Paylib, paiement par téléphone) : le commerçant ne voit jamais votre numéro de carte.
- Repérer un site douteux : prix trop bas, aucune mention légale, orthographe approximative, avis introuvables. Dans le doute, cherchez « [nom du site] arnaque » avant d'acheter.
Comment le vol de données de carte arrive vraiment
- Via un faux site marchand ou un phishing (module 3).
- Via le piratage d'un vrai commerçant chez qui vous aviez enregistré votre carte.
- Par « skimming » : un dispositif posé sur un distributeur. Masquez toujours le clavier quand vous tapez votre code.
5 minutes de réglages qui changent tout
Ouvrez votre application bancaire et vérifiez ces réglages — c'est le geste de protection le plus rentable de toute cette formation :
- Notifications en temps réel : vous repérez une fraude dans la seconde, pas à la fin du mois sur le relevé.
- Plafonds réalistes : un plafond de 3 000 € alors que vous dépensez 400 €/mois, c'est 2 600 € offerts à un fraudeur.
- Blocage géographique : désactivez les paiements à l'étranger et réactivez-les le temps d'un voyage.
- Le bouton « geler ma carte » : repérez-le dès maintenant. En cas de doute, gelez : c'est instantané, gratuit et réversible.
Bon à savoir : le sans contact est plafonné à 50 € par opération en France, avec un cumul limité avant redemande du code.
✏️ Vrai ou faux ?
« Une e-carte bleue protège mon vrai numéro de carte. »
« Enregistrer sa carte sur un grand site connu est sans risque. »
« Geler sa carte dans l'application est définitif. »
« En France, un paiement sans contact ne peut pas dépasser 50 €. »
« Les notifications en temps réel permettent de repérer une fraude immédiatement. »
Faux RIB et faux placements
Ici, les montants sont souvent les plus élevés : un virement, contrairement à un paiement par carte, est très difficile à récupérer. La vigilance se joue donc avant de valider.
La fraude au faux RIB
Un escroc intercepte ou imite un e-mail (agence immobilière, artisan, notaire, syndic) et vous envoie une facture avec un RIB modifié. Vous payez… sur le compte du fraudeur.
- Ne vous fiez jamais à un nouveau RIB reçu par e-mail sans le confirmer.
- Appelez le bénéficiaire sur son numéro habituel (jamais celui de l'e-mail suspect).
- Méfiance maximale sur « nous avons changé de banque, utilisez ce nouveau RIB ».
- Utilisez la vérification du nom du bénéficiaire proposée par votre banque : l'appli signale si le nom ne correspond pas à l'IBAN.
Les placements « garantis » qui n'existent pas
- Rendement élevé « sans risque » : cela n'existe pas, jamais.
- Pression pour investir vite (« offre limitée », « dernières places »).
- Interlocuteur charmant qui vous rappelle souvent et vous « accompagne ».
- Premiers petits gains versés pour vous pousser à investir davantage (puis plus rien).
Leboncoin, Vinted et les sites d'annonces
- Le faux lien de paiement : un acheteur « très pressé » vous envoie un lien (faux Mondial Relay, faux « paiement sécurisé ») pour capter votre carte. Les vraies plateformes gèrent tout en interne : ne suivez jamais un lien reçu en message privé.
- Le trop-perçu : « j'ai payé trop cher, remboursez-moi la différence » — le paiement initial était faux, votre remboursement, lui, sera bien réel.
- Côté acheteur : prix anormalement bas + vendeur qui refuse le paiement sécurisé de la plateforme et exige un virement direct = arnaque quasi certaine.
✏️ Arnaque ou pas ?
Trois situations réelles. À vous de trancher — et surtout de choisir le bon geste.
📧 Deux jours avant la signature, « votre notaire » vous envoie par e-mail un nouveau RIB pour le versement des fonds. Que faites-vous ?
📈 Un « conseiller » très sympathique vous propose un livret à 7,5 % garanti, réservé aux 50 premiers souscripteurs. Son site est soigné et il vous a déjà versé 80 € de « premiers intérêts ».
👗 Sur Vinted, une acheteuse veut votre robe et vous envoie en message privé un lien « Mondial Relay » pour « recevoir le paiement » en saisissant votre carte.
Les 30 premières minutes
Si c'est en train d'arriver, respirez : la rapidité change tout, mais des recours existent même après coup. Voici l'ordre exact des gestes.
- Bloquer / faire opposition. Depuis votre appli, ou via le serveur interbancaire d'opposition : 0 892 705 705 (24h/24, 7j/7). Contactez aussi le numéro d'urgence de votre banque.
- Changer vos mots de passe si vous les avez saisis sur un faux site : d'abord votre messagerie, puis votre banque, depuis un appareil sain.
- Tout noter : heure, numéro appelant, montants, captures d'écran, SMS reçus. Ces preuves serviront pour la plainte et le remboursement.
- Supprimer tout logiciel installé à la demande de l'escroc (AnyDesk, TeamViewer…) : coupez internet, désinstallez, faites vérifier l'appareil.
Ensuite : signaler et porter plainte
- Numéro de carte utilisé à votre insu : signalement sur Perceval via service-public.fr — cela renforce votre dossier de remboursement.
- Escroquerie en ligne (phishing, faux site, fausse annonce) : plainte en ligne via THESEE, sur service-public.fr également.
- Ou plainte dans n'importe quel commissariat ou gendarmerie. Conservez le récépissé.
- Pour être guidé : Info Escroqueries, 0 805 805 817 (gratuit) et cybermalveillance.gouv.fr.
Obtenir le remboursement : vos droits
La loi (Code monétaire et financier) est de votre côté. Pour une opération non autorisée signalée à temps :
- La banque doit vous rembourser immédiatement, au plus tard le jour ouvré suivant votre signalement, sauf négligence grave de votre part.
- Si vous n'avez ni communiqué vos codes, ni validé l'opération, c'est à la banque de prouver une négligence grave — pas à vous de prouver votre innocence.
- Vous avez 13 mois pour contester une opération non autorisée (70 jours hors Union européenne).
Si la banque refuse
- Réclamation écrite en recommandé avec accusé de réception, citant les articles L.133-18 et suivants du Code monétaire et financier (modèle ci-dessous).
- Sans réponse satisfaisante : médiateur bancaire, gratuit (coordonnées sur vos relevés).
- En dernier recours : tribunal judiciaire (sans avocat obligatoire jusqu'à 5 000 €). Une association de consommateurs peut vous accompagner.
Modèle de courrier à adapter
Objet : Contestation d'opérations non autorisées et demande de remboursement
Madame, Monsieur,
Le [date], j'ai constaté sur mon compte n° [numéro] une ou plusieurs opérations que je n'ai pas autorisées, pour un montant total de [montant] €. Je les ai signalées le [date] par [téléphone / appli / agence].
Je n'ai jamais communiqué mes données de sécurité personnalisées ni validé sciemment ces opérations. Conformément aux articles L.133-18 et suivants du Code monétaire et financier, je vous demande le remboursement intégral de ces sommes ainsi que des frais associés.
Vous trouverez ci-joint le récépissé de mon signalement. À défaut de réponse satisfaisante sous 15 jours, je saisirai le médiateur bancaire.
[Nom, date, signature]
Ces informations sont données à titre général et ne constituent pas un conseil juridique personnalisé.
✏️ Mise en situation : remettez les gestes dans l'ordre
Vous venez de comprendre qu'un escroc vous a fait valider deux paiements il y a 10 minutes. Cliquez sur les actions dans l'ordre où vous devez les faire :
Pas tout à fait — demandez-vous : qu'est-ce qui arrête l'hémorragie en premier ?
🚨 Fiche réflexe — Urgence fraude
À imprimer et garder près de vous. En cas de fraude, suivez ces étapes dans l'ordre.
- On raccroche et on rappelle soi-même le numéro officiel.
- Valider une notification autorise une opération — jamais l'inverse.
- Aucun organisme sérieux ne demande vos codes ni un « virement de sécurité ».